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Staline / Chostakovitch
Musique de chambre

jeu.
01
avr.
21h00
Schuichi OKADA, violon
Vassily CHMYKOV, violon
Ivan KARIZNA, violoncelle
Vladimir PERCEVIC, alto
Yedam KILM, piano

Concert-spectacle autour des Trio n° 2 et Quatuor n°8 de Dmitri Chostakovitch

Comment l’artiste peut-il résister à l’étau d’un tyran ?

La musique a ceci de particulier, qu’elle échappe aux mots, tout en disant bien plus. Elle ne trompe personne, sauf « les aveugles et les sourds », comme Chostakovitch décrira ses détracteurs du parti après chaque refus de partition.

Comme nombre d’autres artistes russes, Chostakovitch a eu le malheur de naître à l’ère d’un tyran, Staline, qui tout au long de sa vie joua au chat et à la souris avec lui, l’étouffant par la terreur et le plongeant dans une réelle misère.

Tout avait pourtant bien commencé, puisque dès l’âge de 19 ans, en 1925, Chostakovitch est salué outre-atlantique comme un compositeur de génie, pour sa première symphonie. C’était bien sûr sans compter sur la parano du Petit père des peuples.

Staline choisit l’année 1936, et son nouvel opéra Lady Macbeth du district de Mtsensk, pour quitter la représentation, et faire savoir dans un article anonyme à la Pravda, que « le pire est à venir pour celui qui a écrit cette œuvre « petit-bourgeois ».

Comment survivre alors, ne pas déroger à son identité et ne pas être le jouet d’une propagande en reproduisant des musiques qui ne disent que ce que le pouvoir veut entendre ?

En dupant le tyran, en empruntant au yourodivy, - figure de l’idiot, qui sous couvert de candeur, révèle à la face du monde les hypocrisies des puissants.

Très attaché toute sa vie à défendre les minorités de son pays, Chostakovitch a pris l’habitude, en modifiant un rythme, une note, à toujours glisser dans ses œuvres, des références musicales de ces minorités (juives, tziganes…). Le Trio n° 2 écrit en 1944, fait référence aux morts de la seconde guerre mondiale. De son côté, le Quatuor n°8 écrit en 1960, qualifié par le pouvoir russe d’œuvre dénonçant le fascisme, n’en est « absolument rien », de la bouche même de Chostakovitch. Il y cite son Lady Macbeth, sa 5e et 10e symphonie, le Concerto pour violoncelle, une mélodie du Trio n°2… toutes ses œuvres auxquelles il tenait le plus et qui dénonçaient les atrocités du régime.

Une œuvre testamentaire, écrite sur le thème construit par ses initiales (DSCH) et destinée à être jouée à son enterrement, désespérément « convaincu qu’après sa mort, personne n’en écrirait une à sa mémoire ».



Producteur : Centre de musique de chambre de Paris
Site : www.centredemusiquedechambre.paris



programme

Dmitri Chostakovitch (1906 - 1975)

Concerto pour violoncelle : cadence

Trio n°2

Quatuor n°8



pratique
Tarifs
Plein : 18 €

Réduit: 15 € (demandeurs d'emploi, Pass 17, Pass Sésame)

Moins de 26 ans: 12 €