A propos
En 1991 le succès du film Tous les matins du monde révèle au grand public le génie de Marin Marais. Plus de 30 ans après, en 2023, l’acquisition aux enchères par un collectionneur américain d’un manuscrit du début du XVIIIe siècle fait sensation, puisqu’il s’avère contenir des pièces inédites pour flûte et basse continue de Marais.
Toujours en quête de répertoires inconnus, François Lazarevitch entre en contact avec le nouveau propriétaire du manuscrit qui lui en confie une copie, lui permettant ainsi d’amorcer une réflexion et un travail dont ce nouveau programme est le fruit.
Les Musiciens de Saint-Julien redonnent vie à ces œuvres jamais jouées dans l’Hexagone depuis trois siècles, les mettant en regard avec quelques pièces de viole de gambe transcrites pour la flûte (selon les conseils prodigués par Marais lui-même dans les textes de ses préfaces), les agrémentant de pièces pour musette et flûte à bec. Un concert hors du commun à ne rater sous aucun prétexte !
Programme
Marin Marais
Suites inédites pour flûte
Arcangelo Corelli
La Follia
Artistes
Lucile Boulanger, viole de gambe
D’une enfance de jeune comédienne, Lucile Boulanger a gardé un goût et un plaisir à modeler le discours, à phraser les émotions. C’est cette justesse même que l’apprentissage précoce de la viole de gambe vient accentuer : épaulée par ses professeurs (Ariane Maurette, Christine Plubeau, Jérôme Hantai, Christophe Coin), Lucile s’immerge dans l’ascèse joyeuse requise par la viole. Son exigence lui ouvre les portes du CNSM de Paris, dont elle sort en 2009 avec les plus hautes distinctions, et se voit récompensée de plusieurs prix internationaux (Concours Bach-Abel de Köthen, Società Umanitaria de Milan, Musica Antiqua de Brugge).
Affûtant sa pratique sur différentes pierres, Lucile Boulanger trouve autant de bonheur à mêler la voix de sa viole aux polyphonies du consort (L’Achéron, Ricercar Consort, Musicall Humors) et au continuo opératique (Pygmalion, Correspondances, Les Talens Lyriques, etc…), qu’à l’exercice rigoureux du récital en France et à l’étranger. Tantôt accompagnant, tantôt accompagnée, ses collaborations avec les interprètes les plus en vue nourrissent son imaginaire et sa curiosité (Philippe Pierlot, Christophe Rousset, Justin Taylor, Claire Lefilliatre, Lucile Richardot, François Lazarevitch, Alexis Kossenko, etc…).
Ses enregistrements (Sonates de Bach ou C.P.E. Bach-Graun-Hesse avec Arnaud de Pasquale) sont salués par la critique et font l’objet de nombreuses récompenses (Diapason, fffff, Choc de Classica, Coup de Coeur Charles Cros). Son dernier disque consacré à Forqueray et à des transcriptions de sonates italiennes de violon fait dire à la critique « tantôt, c’est l’énergie qui vous bouscule, tantôt la caresse qui vous fait frissonner, tantôt l’émotion nue qui vous bouleverse, mais c’est partout la même justesse, la même densité. ». Le BBC Music Magazine juge ce dernier disque « irrésistible », et compare sa liberté de jeu à celle de Jacqueline du Pré.
A contre-courant d’une sédimentation des pratiques actuelles de la musique ancienne, Lucile Boulanger se refuse à ne voir en la viole que le vaisseau d’une tradition esthétique révolue. Aussi ses projets en cours visent-ils à étoffer et émanciper le répertoire contemporain de la viole, en passant commande d’oeuvres et en faisant la part belle dans ses programmes à celles qui existent déjà (notamment chez Hersant). Des compositions lui sont d’ores et déjà dédiées.
En savoir plus : https://lucileboulanger.com/
Éric Bellocq, luth
C’est en terminant ses études de guitare en 1983 avec Alexandre Lagoya au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris (où il enseigne actuellement) qu’ Éric Bellocq s’initie à la basse continue et commence à travailler dans l’ensemble baroque « Les Arts Florissants » de William Christie, qu’il quittera en 1990.
A partir de 1991, il joue principalement du luth renaissance avec l’ensemble « Clément Janequin » de Dominique Visse.
Depuis 2000, c’est le spectacle « Le Chant des Balles », en duo avec le jongleur Vincent de Lavenère, qui lui a permis de renouer avec la création personnelle, tout en restant fidèle aux musiques anciennes.
En dehors de sa participation à de très nombreux disques d’orchestres et d’ensembles, quelques enregistrements en duos et solo sont parus chez Naxos, Kings Records (Japon) et Frame (Italie).
En 2009, ses recherches sur l’œuvre pour luth de J. S. Bach prennent une forme concrète grâce à l’utilisation d’un nouvel accordage de l’instrument. D’important festivals européens comme AMUZ (Anvers) et le Festival de Saintes lui ont permis de faire entendre les suites BWV 996, 997 et 998 rarement jouées sur scène.
François Lazarevitch, flûte
Si son instrument premier est la flûte, François Lazarevitch a d’emblée accordé ses apprentissages, ses recherches et ses pratiques musicales à la diversité des sources, orales et écrites, qu’il considère nécessaires à la recréation aujourd’hui des répertoires ancien et baroque. Fort de son compagnonnage depuis 2006 avec ses Musiciens de Saint-Julien, à qui il communique sa soif d’aller toujours plus loin dans la compréhension, son goût pour la découverte de répertoires oubliés et sa curiosité expérimentale de toutes les cultures, il pose un regard neuf et singulier sur tout un pan de notre histoire musicale.
Son moteur ? La cadence, cette impulsion née de la danse qui fait appel au ressenti plus qu’à la notation et doit imprégner avec souplesse et en conscience toute musique. C’est ainsi que ses enregistrements des sonates pour flûte de Bach (Alpha Classics, 2014, Choc Classica) ou des Fantaisies de Telemann (Alpha Classics, 2017, Choc Classica) surprennent et séduisent par l’éloquence, l’invention et le raffinement de son art du phrasé et de l’ornementation.
Il faut dire que si François Lazarevitch aborde les musiques anciennes et la flûte avec les défricheurs que sont Antoine Geoffroy-Dechaume, Barthold Kuijken et Pierre Séchet, il approche également la musique indienne, se passionne pour la flûte irlandaise et pratique la musique de tradition orale avec ceux qui la perpétuent encore localement. Ces fructueuses rencontres et explorations lui ouvrent une voie propre, non balisée et exigeante, sur laquelle il chemine en multipliant les cordes à son arc : il se partage aujourd’hui avec une égale virtuosité entre la flûte et la musette, dont le timbre pastoral est devenu emblématique des Musiciens de Saint-Julien ; directeur artistique de l’ensemble, il le conduit sur la scène musicale française et internationale, et enregistre avec lui pour Alpha Classics des programme innovants régulièrement applaudis.
Il enrichit aussi son expérience de collaborations avec Les Arts Florissants, Le Concert d’Astrée, Les Talens Lyriques, danseuses et chorégraphes, metteurs en scène et compositeurs d’aujourd’hui. Collectionneur d’instruments et chercheur passionné, il édite les partitions de répertoires exhumés.
Enfin il enseigne la flûte traversière et la musette baroques au conservatoire de Versailles, la flûte à bec au conservatoire du Havre, où il a à cœur de transmettre ce qui l’anime : « l’ancrage corporel au service du souffle, de la vibration et de la compréhension musicale ».
François Lazarevitch est chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres.
Les Musiciens de Saint-Julien
Inspirés par l’intime conviction de leur fondateur, flûtiste et tête chercheuse François Lazarevitch, Les Musiciens de Saint-Julien évoluent depuis 2005 en électrons libres sur les chemins du baroque en recoupant sources orales et écrites. Leurs affinités partagées avec musiciens et répertoires traditionnels fécondent leurs premiers projets, avec lesquels entre bientôt en résonance tout un archipel musical savant ancien et baroque – même sens inventif des couleurs, même énergie jaillie du mouvement dansé, même sensibilité poétique. Les Musiciens de Saint-Julien raniment des fonds musicaux endormis, mais pas uniquement, dans une approche à la fois érudite et intuitive, enracinée dans les pratiques populaires et passée au filtre d’une appropriation exigeante, virtuose et passionnée.
Tout en cette alchimie est unique et identifie l’ensemble plus encore que la référence à la confrérie des violonistes danseurs qui lui donne son nom : le relief et l’élégance des lignes, la flexibilité des phrasés chaloupés, la richesse d’un instrumentarium ancien rare d’où émergent flûtes et musettes, le feu intérieur électrisant jusqu’aux œuvres les plus connues de Bach, Vivaldi ou Purcell, le naturel de l’expression, qui rend si familière et pourtant si neuve chaque interprétation.
Au fil de concerts, de tournées en France, en Europe et en Amérique – prochainement au Volcan – scène nationale du Havre où l’ensemble est en résidence, à la Salle Gaveau, à la Philharmonie de Paris, à l’Atelier Lyrique de Tourcoing, à la Folle journée de Varsovie, la Folle journée de Nantes, aux festivals Via Aeterna (France), Musikfestspiele Potsdam Sanssouci (Allemagne), Été Moisan (Belgique), Actus Humanus (Pologne), Les Musicales de Normandie, au Festival Bach de Montréal (Canada)… – et d’une vingtaine de CD labellisés Alpha Classics, Les Musiciens de Saint-Julien ont affermi une présence forte sur la scène française et internationale, qui fait l’unanimité auprès du public comme de la presse spécialisée.
En savoir plus : https://www.lesmusiciensdesaintjulien.fr/
Organisateur

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