Jean-Philippe Collard – Récital
Au cœur des légendes
Ce récital est celui d’un musicien-narrateur.
Jean-Philippe Collard raconte la puissance grandiose du romantique Ferruccio Busoni qui transcrit les plus belles pages de Jean-Sébastien Bach. Le piano devient un orgue.
Sous les doigts de ce grand maître du piano français, la virtuosité raffinée de la Ballade de Gabriel Fauré fait songer aux miroitements sonores d’un orchestre imaginaire.
Puis nous entrons dans l’univers de l’opéra, révélé au piano, par Franz Liszt. C’est l’un des plus beaux drames de l’amour avec le célèbre air final de Tristan et Isolde de Richard Wagner. Isolde accepte de disparaître pour rejoindre son amour. Le souffle de la passion est tout aussi puissant dans la Légende de Saint-François de Paule marchant sur les flots. La beauté du thème de cette pièce emblématique du romantisme reste dans toutes les mémoires.
© Photo : Lyodoh Kaneko
Programme
Jean-Sébastien Bach · Ferruccio Busoni, Prélude et Fugue en Ré majeur, BWV 532
Gabriel Fauré, Ballade en Fa dièse mineur
Richard Wagner · Franz Liszt , La mort d’Isolde
Franz Liszt, Saint-François de Paule marchant sur les flots
Jean-Sébastien Bach · Ferruccio Busoni, Toccata en Ut majeur, BWV 564
Jean-Philippe Collard, piano
Jean-Philippe Collard appartient à cette catégorie d’artistes qui se déplacent dans l’espace comme ils jouent : les gestes mesurés effleurent les lumières jusqu’à ce qu’il s’installe devant l’instrument. Le pianiste est venu écouter ceux qui sont venus l’entendre. Sa proposition est celle d’un dialogue sans parole. Juste par le regard puis le son. Une infinité de sons.
Cette connivence si particulière dissimule tout le travail préparatoire d’avant-concert : l’oubli de la nervosité – que les après-midis sont longues avant l’entrée sur scène ! – la domination d’un corps impatient, la canalisation du courage, la maîtrise des ultimes instants avant le saut dans le vide, c’est selon. Il est nécessaire, dit-il, « d’être aspiré par la musique, être apaisé pour retrouver le chemin de la spontanéité et capter le public ». Transmettre et révéler la beauté de la musique dépasse la nature d’une passion : la démarche est de l’ordre de la nécessité vitale pour laquelle il faut se résoudre à partager ses propres émotions, sans désir de conquête en retour. Une offrande, immense, après des centaines de concerts et plus d’une soixantaine d’enregistrements.
« Il faut toucher au cœur et ne pas trop intellectualiser les œuvres labourées depuis des années » affirme aussi l’interprète. Elles composent une prodigieuse récolte, les fruits du romantisme, de Chopin et de Schumann, prolongée jusqu’à Rachmaninov et embellie de deux siècles de musique française.
Tous les mondes sonores de Jean-Philippe Collard sont imprégnés de couleurs, cette « sensation que produit sur l’organe de la vue, la lumière diversement réfléchie par les corps » propose le dictionnaire Littré avec une perception épicurienne inhabituelle dans un tel ouvrage et, pourtant, si familière chez un pianiste qui se dit, précisément, « affamé de couleurs ». Mais pas n’importe lesquelles. Gourmet des pigments, l’artiste sait ce qu’est la nuance en toute chose, lorsque les paysages sonores au tempérament mesuré résonnent dans l’irisation des arpèges et la caudalie des accords. Quand il se remémore son apprentissage auprès de Pierre Sancan, l’amitié de Vladimir Horowitz puis ses rencontres dans le monde entier aux côtés du gotha des chefs et des plus grands orchestres, Jean-Philippe Collard sait qu’il peut tout dire au public. Alors, il a rendu hommage aux dieux des couleurs, ses compositeurs.
Organisateur
La Dolce Volta
Toute la ProgrammationCarré or : 55€
Catégorie 1 : 38,50€
Catégorie 2 : 22€
Tarif réduit (-26 ans, demandeurs d’emploi) : 17€
01 48 24 40 64
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